« Manade Claude Chaballier, un Baroncellien dans l’âme »

Claude Chaballier

« Lors de mon arrivée à son oustaou à Lunel-Viel, un cadre contenant trois photos m’a frappé.
En bas celle de Claude, au-dessus celle « ancienne » d’un bel homme : son père, et tout en haut, comme pour un arbre généalogique, celle de Henry Aubanel.

La suite de l’entretien, vous allez le voir, explique tout.

Claude perdit son père alors qu’il avait deux ans. Élevé par sa mère dans une atmosphère qu’il qualifie lui-même de « mythique » sous l’auréole d’un papa disparut bien trop tôt et qui était déjà un excellent cavalier.
Son second père, spirituel celui-là, sera Henry Aubanel à qui il voue respect et grande admiration.

Après des années de frustration car élevé dans les valeurs et coutumes taurines, il n’avait pas le droit de s’y adonner.
Cédant à sa passion dévorante, il finit par acheter en cachette de sa mère un cheval à Yves Janin ainsi qu’un pantalon de gardian qu’il cachait dans la nature, il avait tout juste 16 ou 17 ans.

Quand il a pu l’étaler au grand jour, cette passion s’est construite et renforcé durant plus de 25 ans chez son maître Henry Aubanel. Qui n’a pas remarqué un jour ce cavalier émérite plus grand que la moyenne, qui menait de mains de maître les abrivados et bandidos d’Aubanel ?

Cela dura des décennies jusqu’à ce qu’il soit choisi par le TGI de Montpellier pour essayer de remettre sur pieds la manade Rébuffat. Il s’y investi totalement y compris financièrement, mais 6 mois après, les héritiers décidaient de reprendre la manade.

Il se retrouva donc avec du matériel et une forte envie de construire. C’est alors qu’Henry Aubanel lui témoigna sa reconnaissance en lui offrant un lot de bêtes qui allait lui permettre de se lancer dans l’aventure.

Voilà donc comment Claude Chaballier, fin 1996 fonda son élevage (officiellement Manade du Dardaillon).

Il conforte ce lot par quelques bêtes de La Galère, se dépêchant de préciser que son fil conducteur est le BARONCELLI .
Il donne à sa manade la devise sang blanc et or (mélange des devises du Marquis de Baroncelli et d’Henry Aubanel) et comme marque un blason avec à l’intérieur deux droites en diagonales.
Débuts difficiles, il ne pouvait en être autrement mais, précise Claude, la manade s’est toujours autofinancée.

Aujourd’hui sa centaine de bêtes vivent (bien) sur 140 Ha réparties entre Lunel-viel, Les Matelles, Parignargues et Marsillargues où sont les installations de travail (ferrades, laupio, couloir de contention etc….).
Une centaine, c’est la dimension idéale, nous dit Claude, pour un juste équilibre entre qualité et diversité. Plus ou moins sont possible, mais au risque de rompre cet équilibre.

Claude peut heureusement compter sur l’aide de gardians amateurs qui sont des amis au vrai sens du terme et dont il parle avec beaucoup de respect.

Durant notre entretien, Claude n’a esquivé aucune question avec des avis très tranchés.
Il estime par exemple qu’il ne peut y avoir de manadier spécialisé…l’éleveur de taureaux, c’est comme le généraliste en médecine. Il faut savoir tout faire et bien, de la naissance du veau jusqu’à l’aboutissement qu’est le biou d’or, en passant par les travaux ou manifestations annexes telles que les ferrades, travail des bêtes sur le pays ou encore l’administration qui prend de plus en plus d’importance. L’essentiel étant de toujours avoir pour objectif l’intérêt du taureau et comme règle d’or le respect…

Vous l’avez compris, Claude est un vrai professionnel qui sait ce qu’il veut, mais avec cela les valeurs de reconnaissance, de fidélité et d’honneur retrouvent tout leur sens dans sa bouche.

Merci de ton accueil et bonne chance … »
Courrejau
(Extrait d’un article de Emile GRANDE )

Vache et son veau